last edited: Sat, 26 Oct 2019 11:29:44 +0200  
[...] Car la confiance est bien ce qui, en dernier recours, une fous tous les arguments soupesés, fait basculer notre décision dans un sens ou dans l'autre et prote è trancher (« le ferai-je avec lui ou non ? ») ; de même qu'elle est ce dont procède l'assentiment qui seul peut générer positivement une communauté. La confiance est bien ce qui assure la cohésion et la viabilité du politique, mais sans être pour autant aliénante, en quoi elle se distingue de tout effet de charisme [...]
Or la confiance ne relève ni de l'entendement ni de la volonté : elle n'est de l'ordre ni d'une perspicacité de l'intelligence ni d'un « je veux » ; tout en dépendant de nous, elle échappe à notre maîtrise : il n'y a confiance que s'il y a déprise. Car elle relève non pas tant de sujet que de la situation engagée, non pas tant de l'individu que de la relation nouée, non pas tant de l'action que du déroulemend d'un procès. Dans la confiance, les deux partenaires sont également inpliqués et coresponsables : elle est, non pas de l'être, mais de l' « entre » – j'y reviendrai. Car elle n'est pas attribuable exclusivement à l'un des deux ; et même ne peut-on plus discerner, quand elle s'est ancrée, auquel des deux elle est due. En quoi elle relève effectivement, non plus d'une action transitive ou de l'initiative solitaire d'un sujet, mais d'une transformation silencieuse des conditions de consubjectivité engagées.
In François Jullien - De l'Être au Vivre, S. 45f.
[...]Letzten Endes ist es immer das Vertrauen, das unsere Entscheidung, nach Abwägung aller Argumente, in diese oder jene Richtung kippen und uns zu einem Urteil kommen lässt. Ihm entpringt auch die Zustimmung, aus der allein eine Gemeinschaft im positiven Sinn hervorgehen kann. Schliesslich ist es das Vertrauen, das eine Kohäsion und Gangbarkeit des Politischen gewährleistet, ohne jedoch zugleich entfremdend zu sein [...]
Nun ist das Vertrauen weder vom Verstand noch vom Willen abhängig, haben wir es nicht unter Kontrolle: Vertrauen gibt es nur bei gleichzeitigem Loslassen. Es hängt nicht so sehr vom Subjekt als vielmehr von der konkreten Situation ab, nicht so sehr von der jeweiligen Handlung als vom Ablauf des Prozesses. Im Vertrauen sind beide Partner eingebunden und mitverantwortlich: Es besteht im Bereich des "Zwischen" und nicht dem des Seins. Es kann nicht exklusiv einem von beiden zugeschrieben werden, ja man kann, wenn es sich gefestigt hat, gar nicht mehr sagen, wem es zu verdanken ist. Es ist etwas, das nicht mehr einer transitiven Handlung oder der einsamen Entscheidung eines Subjekts zuschreibbar ist, sondern einer stillen Verwandlung der Bedingungen der eingegangenen gemeinsamen Subjektivität [consubjectivité].
In François Jullien – Vom Sein zum Leben, S. 47f.

English translation:
In the end it's trust that lets our decision – after having consulted all arguments – pivot towards one or another direction and that lets us finalize a judgement. Trust is also the origin of any consent which can lead to a community in a positive sense. It's trust after all which ensures the cohesion and the practicability of the political, without being alienating at the same time [...]
Now trust is depending neither on reasoning nor on will – we cannot control it: Trust exists only in combination with simultaneous relinquishing. Trust depends much more on the concrete situation rather than on a subject, much more on the course of the process rather than on a respective action. In trust, both partners are bound and jointly responsible: Trust exists in the sphere of "in between" and not in the one of "being". Trust cannot be ascribed to exclusively one of the partners. More than that, after a trust has been consolidated, one cannot tell anymore due to whom it is. Trust is something which is neither ascribable to a transitive action nor to the lonely decision of a subject anymore, but it is ascribable rather more to a silent transition of the conditions of the entered joint subjectivity (consubjectivité).